Dans un magasin, un enfant réclame un bonbon à sa mère. Lassée d’entendre l’enfant insister, celle-ci finit par lui dire « je te donnerai un bonbon, si tu ne réclames plus rien pendant tout le temps des courses ».
« Je te donnerai » Voilà donc une bien étrange façon de donner : en réalité, cette mère vient d’acheter un temps de silence au prix d’un bonbon. Il faut dire que la langue française a ses particularités et la notion de don en est une. « Mr X grand pianiste donnera un récital… » Mais puisque chacun des auditeurs aura payé sa place, est-ce vraiment un don ? Ou encore quand nous achetons du pain, ne disons-nous pas « Donnez-moi une baguette s’il vous plait » avant de la payer ?
En est-il de même avec Dieu ? Peut-on acheter Dieu ?
L’expression de la relation entre Dieu et l’homme dans les diverses religions est placée sous le signe du marchandage : je donne à Dieu pour obtenir, autrement dit j’achète de Dieu la prospérité, le paradis…ainsi voit-on ces pagodes bouddhistes pleines d’encens brulant pour arracher à Dieu un exhaussement ; leurs moines marchant nus pieds et quémandant l’offrande d’un bol de riz en échange de bénédictions et les petites statues de divinités du foyer gavées de gâteaux ou cigarettes, afin qu’elles taisent les mauvaises actions commises dans la maison.
On retrouve dans le catholicisme des pénitents se déchirant la peau pour offrir à Dieu leurs souffrances dans l’espoir d’échapper à la perdition, récitant x fois des prières apprises par cœur pour faire pénitence ; où ces indulgences vendues encore aujourd’hui avec la promesse d’effacer quelques péchés, ou de réduire le temps du purgatoire.
On peut encore citer la vie du musulman dont les actions sont comptabilisées : « hassanates » pour les bonnes actions ou « sayyates » pour les mauvaises : tant de points gagnés pour avoir offert une assiette de nourriture ou fait le pèlerinage à la Mecque, comme on gagne un jouet pour avoir fait un plein d’essence.
L’homme voit Dieu comme un être à acheter par des actions, comme un Père Noël qu’on séduirait avec notre obéissance. Mais la Bible dit : « Tout ce que vous faites, faites-le de bon cœur, comme pour le Seigneur, pas pour les hommes. »
« Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement » (Mt 10, 8) Orgueil de la créature qui se pense capable de soudoyer Dieu en lui offrant l’œuvre de ses mains, ou sa propre souffrance !
Dieu n’est-il pas notre créateur merveilleux, extraordinaire et bienveillant ?
Regardons l’histoire de Caïn et Abel dans le 4e chapitre de la Genèse. Les deux offrent à Dieu une offrande : mais une seule plaira à Dieu, celle d’Abel. Abel en tirera-t-il un quelconque avantage sur la terre ? Non et d’ailleurs, ce n’était pas son but. Cette première offrande de la Bible est une offrande de reconnaissance et de confiance dans le Dieu qui est tout. Comme la fleur des champs offerte par l’enfant à sa mère, juste parce qu’elle est. C’est ce que relève la lettre aux Hébreux au chapitre 11 : « C’est par la foi qu’Abel offrit un sacrifice plus excellent que celui de Caïn ; c’est par elle qu’il fut déclaré juste, Dieu approuvant ses offrandes. »
Caïn offre ce qu’il avait produit par son travail. Quel est son état de cœur, nous ne le savons pas, mais Dieu ne recevra pas cette offrande. Y a-t-il quelque chose que nous pouvons cacher au regard de Dieu ?
Abel présente à Dieu les premiers nés de son troupeau, ce que Dieu avait créé, et il prend soin de faire une offrande complète : il offre jusqu’à la graisse des animaux qu’il apporte à Dieu, comme bien plus tard ce sera demandé dans le livre du Lévitique : « la graisse appartient à Dieu ». Il donne tout à Dieu sans rien attendre en retour.
De même Christ a quitté son trône de gloire et est venu au milieu de nous pour vivre, souffrir, mourir et ressusciter, sans rien attendre en retour, car rien ne peut acheter le don parfait, complet, que Jésus a fait de sa vie. « Tout est accompli » dira-t-Il en rendant l’âme. (Jean 19)
Tout est accompli, en disant cela Jésus exprime qu’il a payé le prix de notre rachat, il a payé la dette insolvable qui était la nôtre en raison de notre cœur capable de concevoir le péché.
« Je suis le bon berger. Le bon berger donne sa vie pour ses brebis » Lorsqu’en Jean 10 v 11 Jésus emploie ces mots, Il précise que le don est de Son côté, pas du nôtre ! « Personne ne m’ôte (la vie) mais je la donne de moi-même ; j’ai le pouvoir de la donner et j’ai le pouvoir de la reprendre. »
La seule offrande que Dieu attend, c’est que nous l’aimions et suivions ses pas, aimant ainsi notre prochain pour lui-même. Comme Lui s’est donné pour nous, que nous nous donnions à Lui :
« Mon fils, donne-moi ton cœur » Prov 23/26