« Comme Jacob faisait cuire un potage, Ésaü revint des champs, accablé de fatigue. Et Ésaü dit à Jacob : Laisse-moi, je te prie, manger de ce roux, de ce roux-là, car je suis fatigué. C’est pour cela qu’on a donné à Ésaü le nom d’Édom. Jacob dit : Vends-moi aujourd’hui ton droit d’aînesse. Ésaü répondit : Voici, je m’en vais mourir ; à quoi me sert ce droit d’aînesse ? Et Jacob dit : Jure-le-moi d’abord. Il le lui jura, et il vendit son droit d’aînesse à Jacob. Alors Jacob donna à Ésaü du pain et du potage de lentilles. Il mangea et but, puis se leva et s’en alla. C’est ainsi qu’Ésaü méprisa le droit d’aînesse. » Genèse 25
Ces quelques phrases sont riches en enseignements. On y retrouve une situation qui s’apparente à celle d’Adam et Eve devant le fruit défendu. Eux aussi sont placés devant une nourriture qui ne leur est pas destinée, à première vue. Eve voit un fruit « bon à manger, agréable à la vue, et précieux pour ouvrir l’intelligence ». Dieu a interdit d’en manger, et Eve a le choix de son action : satisfaire sa chair en mangeant quelque chose de beau et bon, ou marcher par l’esprit en suivant les consignes divines de ne pas prendre le fruit de cet arbre avant que Dieu ne l’ait décidé.
Ésaü est affamé et va lui aussi chercher à satisfaire la chair. Était-il à l’article de la mort ? Non, aussitôt mangé, la Bible nous dit qu’Ésaü « se leva et s’en alla ». Il aurait lui aussi pu réfléchir aux conséquences de son choix, mais là encore, la chair parla si fort, que son intelligence fut mise en veille.
Adam et Eve ont perdu leur statut d’enfants ayant droit au jardin créé pour eux, comme Ésaü va perdre sa place de fils ainé : leur chair a parlé plus fort que leur raison.
« L’esprit est bien disposé, mais la chair est faible » dira Jésus à ses disciples au plus fort de l’angoisse de sa propre mort se profilant à l’horizon ; mais cette nuit-là où le Maître avait besoin de leur présence, leur chair a eu raison d’eux.
Se lever un peu plus tôt pour prendre un temps devant Dieu avant de partir travailler nous coûte : c’est un combat contre notre propre chair qui réclame la douceur de la couette.
Jeûner face à une difficulté est aussi un combat : contre la faim, contre notre estomac qui demande son dû. Jeûner, c’est antinaturel : c’est décider de nous tenir là où nous ne devrions pas être, faire ce que nous ne devrions pas faire. C’est choisir de faire taire la chair, pour arracher une bénédiction.
EN Matthieu 15 v 21&28 la Bible nous parle d’une femme qui, à l’inverse d’Ésaü, voulait arracher une bénédiction, et même une bénédiction qui ne lui était pas destinée. Elle interpelle Jésus, mais celui-ci lui répond : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. » Jésus vient de lui dire non, mais elle va insister, s’approcher et se prosterner devant Lui en disant : « Secours-moi ! » : Jésus la compare alors aux « petits chiens », ce qui était un mot dur à l’époque, mais cette femme est tellement convaincue que Jésus est sa solution, qu’elle s’humilie volontiers et répond du tac au tac à Jésus, avec des mots pleins de confiance. Elle obtiendra la bénédiction espérée.
Lorsque nous nous tenons dans la prière et le jeûne, nous faisons quelque chose qui est contre nature, et en même temps, nous affirmons à Dieu notre confiance en Lui pour venir résoudre la difficulté rencontrée. Qui sommes-nous, pour réclamer le salut de notre enfant, ou sa guérison ? Mais nous nous tenons avec humilité devant le Père, dans le nom de Jésus, avec un statut nouveau, celui de fils et de filles.
« Car mon joug est doux, et mon fardeau léger. » nous dit Jésus, alors entrons dans le jeûne, avec l’assurance qu’Il nous accompagnera, Lui qui jeûna si souvent !